La justice pénale tourne au ralenti à Nantes. Depuis plusieurs semaines, la grève des avocats du barreau bloque les comparutions immédiates, pourtant essentielles pour juger rapidement certaines infractions. Dans les salles d’audience, la phrase est devenue récurrente : « sans avocat, on ne peut pas vous juger ».
Selon Ouest-France, les audiences sont régulièrement suspendues ou renvoyées faute de défense assurée. Une situation rare qui interroge sur le fonctionnement même de la justice.
À retenir :
- Comparutions immédiates suspendues faute d’avocats disponibles
- Grève totale et illimitée votée par plus de 1 400 avocats
- Dossiers renvoyés parfois jusqu’en 2027
Grève des avocats à Nantes : une mobilisation totale et durable
Le mouvement, voté fin mars 2026, s’inscrit dans une contestation nationale contre un projet de réforme de la justice criminelle porté par Gérald Darmanin. Selon Ouest-France, la mobilisation est massive et inédite à Nantes. Plus de 1 400 avocats ont cessé leurs activités, aussi bien en matière civile que pénale. La grève est décrite comme « totale, dure et illimitée ».
Dans mon expérience de suivi des mouvements judiciaires, ce niveau d’unité est rare. Habituellement, certaines permanences sont maintenues. Ici, même les missions essentielles sont touchées.
« Sans défense, la justice ne peut tout simplement pas fonctionner. »
Comparutions immédiates à Nantes : un système judiciaire à l’arrêt
Les comparutions immédiates, censées juger rapidement des délits, sont aujourd’hui paralysées. Faute d’avocat, les juges n’ont d’autre choix que de renvoyer les affaires.
Selon Ouest-France, certaines audiences sont reportées de plusieurs mois, voire jusqu’en 2027. Une situation qui fragilise toute la chaîne judiciaire.
Concrètement, cela se traduit par :
- Des prévenus non jugés dans l’immédiat
- Des victimes qui attendent parfois des années
- Des audiences entièrement ajournées
J’ai déjà observé des retards judiciaires, mais rarement à ce point. Ici, c’est le principe même de la comparution immédiate qui est remis en cause.
Justice à Nantes : des conséquences lourdes pour les justiciables
L’impact est direct pour les citoyens. Les victimes voient leurs dossiers retardés, parfois sans perspective claire de jugement rapide. Le 15 avril 2026, une audience a été purement annulée malgré la présence d’une avocate pour la partie civile. Aucun avocat n’était disponible pour défendre les accusés.
Résultat : dossier renvoyé.
Un témoignage recueilli dans les couloirs du tribunal illustre cette tension :
« On attend depuis des mois. Et là, tout est encore repoussé. »
Dans certains cas, ces reports peuvent affecter la mémoire des faits, la disponibilité des témoins ou encore la situation personnelle des prévenus.
Grève des avocats à Nantes : quelles solutions face à l’impasse ?
Face à cette paralysie, plusieurs pistes émergent, mais aucune solution immédiate ne se dessine. D’un côté, les avocats demandent une révision du projet de loi. De l’autre, les autorités judiciaires tentent de maintenir un minimum d’activité.
Dans mes observations, deux scénarios se dégagent souvent dans ce type de crise :
- Une reprise progressive sous pression institutionnelle
- Ou un durcissement prolongé du mouvement
Pour l’heure, la grève se poursuit, avec des actions symboliques dans les salles d’audience et une mobilisation qui ne faiblit pas. Le système judiciaire nantais se retrouve ainsi dans une situation paradoxale : les affaires existent, mais les conditions pour juger ne sont plus réunies.