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À Nantes et Saint-Nazaire, mobilisation pour l’éducation prioritaire le 28 janvier 2026

By Erwan Steroz

Le mercredi 28 janvier 2026, à 14 heures, deux rassemblements simultanés sont annoncés en Loire-Atlantique. Ils auront lieu devant le rectorat de Nantes et les inspections de l’Éducation nationale à Saint-Nazaire. Objectif affiché : défendre les écoles dites « orphelines » de l’éducation prioritaire.

Cette mobilisation, portée par le Collectif 44 Éducation Prioritaire, s’inscrit dans un mouvement engagé depuis plus d’un an. Elle met en lumière une carte de l’éducation prioritaire figée depuis 2014, malgré l’évolution rapide des réalités sociales.

A retenir :

  • Deux rassemblements simultanés à Nantes et Saint-Nazaire le 28 janvier 2026.
  • 57 écoles concernées en Loire-Atlantique, sans label REP ou REP+.
  • Près de 6 000 élèves exclus des moyens de l’éducation prioritaire.
  • Une carte nationale gelée jusqu’en 2027, malgré l’urgence sociale.

Un collectif local face à une inertie nationale persistante

Créé en février 2025, le Collectif 44 rassemble syndicats enseignants, parents d’élèves, personnels éducatifs et élus locaux. Cette diversité donne au mouvement une légitimité de terrain rare, loin des seules revendications corporatistes.

Selon les représentants syndicaux, cette mobilisation dépasse les clivages habituels. Chacun constate les mêmes difficultés : classes surchargées, équipes instables, manque de temps éducatif. Selon plusieurs enseignants rencontrés lors de précédents rassemblements, l’absence de reconnaissance REP fragilise durablement les équipes.

Les écoles « orphelines », symptôme d’une injustice territoriale

En Loire-Atlantique, 57 écoles affichent un indice de position sociale inférieur à certaines écoles classées REP.
Pourtant, elles restent hors dispositif. Selon les données syndicales, 4 600 à 5 900 élèves seraient concernés.

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À Saint-Nazaire, plusieurs écoles cristallisent cette situation : Jules-Ferry, Jean-Zay, Gambetta ou Brossolette.
Elles accueillent majoritairement des enfants issus de quartiers prioritaires, sans les moyens correspondants.

J’ai pu échanger avec des parents lors d’une mobilisation en novembre dernier. Beaucoup décrivent des enfants fatigués, parfois sans petit-déjeuner, et des enseignants épuisés.
Le contraste avec des écoles REP voisines est régulièrement pointé.

Pourquoi le classement REP change concrètement la donne ?

Le label REP ou REP+ n’est pas symbolique. Il conditionne directement les effectifs, les primes, la formation et la stabilité des équipes.

Dans une école REP, les classes sont réduites et certaines sont dédoublées.
En REP+, les enseignants bénéficient aussi de temps de concertation et d’avantages de carrière.

Selon les syndicats, l’écart peut représenter plus de 400 euros nets mensuels pour un enseignant.
Sans ces leviers, les écoles orphelines peinent à fidéliser les personnels.

  • Effectifs réduits
  • Temps pédagogique renforcé
  • Attractivité accrue des postes

Une carte nationale gelée jusqu’en 2027

Le 9 décembre 2025, le ministre Édouard Geffray a confirmé le gel de la carte de l’éducation prioritaire. Motif avancé : un calendrier politique trop contraint.

Selon Le Monde, cette carte devait être révisée tous les quatre ans. Elle est désormais figée depuis treize ans.
Selon la Cour des comptes, ce gel crée mécaniquement des effets de seuil injustes.

Sur le terrain, les enseignants dénoncent une politique de gestion comptable, déconnectée des réalités sociales.
Selon plusieurs élus locaux, le rectorat disposerait pourtant d’une marge d’action.

Des dispositifs alternatifs jugés insuffisants

Face à la contestation, le ministère met en avant les Contrats Locaux d’Accompagnement.
En Loire-Atlantique, seules 7 écoles en bénéficient.

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Ces contrats apportent des moyens ciblés mais temporaires.
Ils ne garantissent ni stabilité, ni reconnaissance durable.

Selon les directeurs d’école rencontrés, ces dispositifs ressemblent à des « sparadraps ».
Un enseignant supplémentaire partagé entre trois écoles ne compense pas une absence de réseau structuré.

Une mobilisation locale aux enjeux nationaux

La mobilisation du 28 janvier dépasse la Loire-Atlantique. Des actions similaires émergent dans d’autres académies françaises.
Toutes dénoncent des situations comparables, parfois qualifiées d’« aberrantes » par le ministère lui-même.

Selon plusieurs observateurs, cette convergence pourrait peser dans le débat public à l’approche de 2027.
Reste à savoir si la pression collective suffira à débloquer une réforme longtemps repoussée.

Sur le terrain, la détermination reste forte. Mais la lassitude guette, après des années d’alertes sans réponse structurelle.

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