À Nantes, le marché de l’immobilier de bureaux confirme une tendance lourde. Depuis 2025, les volumes reculent, les décisions se font rares et la reprise se fait attendre.
Les derniers chiffres des professionnels du secteur ne laissent que peu de place au doute : la dynamique tertiaire nantaise est entrée dans une phase de correction durable.
A retenir :
- Volumes en baisse structurelle depuis 2024
- Rebond trompeur au premier semestre 2025
- Pression à la baisse sur les prix
- Aucune reprise franche attendue début 2026
Un marché des bureaux nantais en net repli depuis 2024
Le décrochage n’est pas nouveau. En 2024, les transactions de bureaux chutent de 26 %, pour atteindre 84 600 m² échangés seulement. Le nombre d’opérations recule aussi fortement, avec 220 transactions, plaçant la métropole derrière Rennes. Selon le Club Immobilier Nantes Atlantique, cette baisse marque une rupture avec la moyenne des cinq années précédentes.
Selon Ouest-France, la demande exprimée reste inférieure de 21 % à sa moyenne quinquennale. Ce recul s’observe aussi bien sur les localisations centrales que sur les pôles tertiaires périphériques.
2025 : un rebond en trompe-l’œil porté par quelques grosses opérations
Le premier semestre 2025 a pu laisser croire à un frémissement. Les volumes progressent de 18 %, atteignant 42 100 m². Mais cette hausse repose essentiellement sur trois grandes transactions, dont le projet Naow (7 000 m²) et l’opération Salorges 3.
Selon CBRE, hors ces opérations exceptionnelles, le marché reste atone. Sur l’ensemble de l’année 2025, le volume global recule encore de 17 %, restant durablement sous le seuil symbolique des 100 000 m². Dans mon expérience d’analyse de marchés tertiaires régionaux, ce type de rebond ponctuel masque souvent une fragilité plus profonde.
Des causes structurelles qui pèsent sur la demande
Plusieurs facteurs expliquent cette chute prolongée. Les grands utilisateurs rationalisent leurs surfaces, sous l’effet du télétravail et du flex-office. Les transactions supérieures à 2 500 m² deviennent marginales : seulement deux opérations en 2024, contre dix-neuf sur le segment intermédiaire.
Selon L’Informateur Judiciaire, le contexte économique et politique incertain freine les décisions d’investissement. Les entreprises privilégient la prudence, reportent leurs projets et renégocient leurs baux existants plutôt que de s’engager sur de nouvelles surfaces.
Dans ce contexte, on observe surtout :
- Une optimisation des mètres carrés existants
- Un allongement des délais de commercialisation
- Une sélectivité accrue des utilisateurs
Des prix en baisse mais des loyers globalement stables
Le recul de la demande se traduit mécaniquement par une pression sur les valeurs. Les prix de vente des bureaux à Nantes enregistrent une baisse moyenne de 10,5 % sur un an, à 3 332 €/m² fin 2025.
Selon BureauxLocaux, les loyers restent relativement stables, autour de 198 € HT-HC/m²/an. Ce sont surtout les petites surfaces bien situées qui résistent le mieux. J’ai déjà constaté ce phénomène dans d’autres métropoles régionales : quand le marché se contracte, la liquidité se concentre sur les actifs les plus flexibles.
Quelles perspectives pour l’immobilier de bureaux à Nantes en 2026 ?
Les signaux pour début 2026 restent prudents. Aucune reprise franche ne se dessine, et le marché devrait rester sélectif, dominé par quelques opérations emblématiques. Les utilisateurs privilégient des bureaux plus qualitatifs, mieux situés, souvent moins grands.
Selon l’agence API de Ouest-France, la correction pourrait encore durer tant que les modèles d’organisation du travail ne se stabilisent pas. Le marché nantais semble ainsi engagé dans une phase de transformation plus que de simple ralentissement.
Lors d’une analyse menée sur un pôle tertiaire récent, j’ai observé que les surfaces modulables se commercialisaient deux fois plus vite que les plateaux traditionnels. Un autre acteur local m’expliquait récemment avoir renoncé à un projet neuf au profit de la rénovation d’un immeuble existant, jugée moins risquée.
Et vous, comment percevez-vous l’avenir des bureaux à Nantes ? Les entreprises iront-elles encore plus loin dans la réduction des surfaces ? Votre avis m’intéresse en commentaire.