Ce lundi 15 décembre 2025, la dermatose nodulaire contagieuse a ravivé la colère du monde agricole à Nantes. Dès les premières heures de la matinée, des éleveurs de Loire-Atlantique ont mené une action visible et déterminée pour dénoncer la stratégie d’abattage systématique des troupeaux bovins, imposée par les autorités sanitaires.
A retenir :
- Manifestation d’agriculteurs à Nantes le 15 décembre 2025
- Opposition ferme à l’abattage systématique des troupeaux
- Demande de vaccination et de suivi sanitaire renforcé
- Un mouvement local inscrit dans une crise agricole nationale
Une mobilisation agricole dès l’aube sur l’île de Nantes
Il est à peine 6 heures lorsque une trentaine d’agriculteurs, appuyés par une dizaine de tracteurs, bloquent l’accès à la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Bottes de paille, banderole et moteurs au ralenti : le symbole est fort.
Selon Ouest-France, cette action visait à interpeller directement l’administration sur les conséquences humaines et économiques des décisions sanitaires.
Selon TF1 Info, la manifestation a entraîné des perturbations de circulation dans plusieurs secteurs du centre-ville.
Selon Le Figaro, Nantes s’inscrit dans une série d’actions coordonnées à l’échelle nationale.
Dermatose nodulaire et abattage total : une stratégie jugée excessive
La colère des éleveurs repose sur un point central : l’abattage de l’ensemble du cheptel dès l’apparition d’un seul cas de dermatose nodulaire. Une mesure vécue comme incompréhensible, d’autant plus que la maladie ne présente aucun risque pour l’homme.
« Nos animaux peuvent s’en remettre. Pourtant, on préfère tout abattre, sans réelle alternative. »
Une agricultrice présente sur place
Les revendications exprimées sont claires et répétées sur le terrain :
- La fin de l’abattage systématique
- Un suivi sanitaire individualisé et transparent
- L’accès à des vaccins préventifs
Pour beaucoup d’éleveurs, ces décisions représentent des années de travail anéanties en quelques jours, sans solution durable proposée.
Une crise agricole locale qui reflète une tension nationale
La manifestation nantaise dépasse le seul cadre départemental. Dans le Sud-Ouest, des actions similaires ont déjà eu lieu, avec blocages routiers et déversements symboliques de lisier. La dermatose nodulaire devient ainsi le révélateur d’un malaise agricole plus profond.
À cette crise sanitaire s’ajoutent d’autres inquiétudes majeures :
- le projet d’accord de libre-échange avec le Mercosur,
- la baisse annoncée du budget de la PAC,
- la fragilité économique croissante des exploitations d’élevage.
La Coordination rurale et la Confédération paysanne réclament une vaccination à grande échelle du cheptel français, jugeant l’abattage généralisé inefficace. La Fondation Brigitte Bardot a, de son côté, dénoncé un « massacre bureaucratique inutile ».
La position du gouvernement face à la contestation agricole
Malgré la pression, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard maintient la ligne gouvernementale. Elle affirme que la situation est « sous contrôle » et rappelle les trois piliers de la politique sanitaire : dépeuplement, vaccination et restrictions de mouvement.
La ministre était attendue ce même lundi en Haute-Garonne pour lancer une campagne de vaccination, alors que de nouveaux foyers ont été détectés dans l’Aude, portant à cinq le nombre de départements touchés en Occitanie.
Pour les agriculteurs mobilisés à Nantes, ces annonces restent insuffisantes et tardives.