Circulation routière à Nantes : le baromètre TomTom révèle 76 heures de bouchons en 2025

By Erwan Steroz

En 2025, les automobilistes de Nantes ont passé en moyenne 76 heures dans les embouteillages. Un chiffre encore élevé, mais en nette amélioration. Selon le baromètre TomTom Traffic Index 2026, publié en janvier, la métropole nantaise gagne vingt heures par rapport à 2024 et recule dans le classement des villes françaises les plus congestionnées.

Une évolution qui tranche avec la tendance nationale, largement dégradée.

À retenir

  • Nantes perd 20 heures de bouchons en un an, passant de 96 à 76 heures
  • La métropole recule à la 10e place nationale, dans un contexte français plus congestionné
  • Les chantiers, la météo et le périphérique nord restent des points de fragilité

Une amélioration notable dans un contexte national dégradé

Alors que 22 des 29 villes françaises analysées par TomTom voient leur situation se détériorer, Nantes fait figure d’exception relative. Le temps perdu sur un trajet type de 10 kilomètres aux heures de pointe baisse sensiblement. Selon TomTom, cette donnée repose sur l’analyse anonymisée de plus de 600 millions de systèmes de navigation à travers le monde, offrant une photographie fine des usages réels.

Selon Ouest-France, cette amélioration est l’une des plus marquées parmi les grandes métropoles. Selon TomTom, le taux de congestion atteint pourtant 36,6 % en 2025, en hausse par rapport à 2024. Un paradoxe seulement apparent : le taux mesure un écart relatif, tandis que les heures perdues traduisent un volume absolu.

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Nantes face aux nouvelles capitales françaises des bouchons

RangVilleHeures perdues en 2025Taux de congestion
1Lyon121 h47,2 %
2Nancy116 hn.c.
3Paris109 h40 %
10Nantes76 h36,6 %

Les fragilités structurelles du réseau nantais

Malgré l’amélioration globale, certains points noirs persistent. Le périphérique nord, entre la Beaujoire et la porte de Gesvres, reste particulièrement vulnérable. Construit en cuvette, il subit régulièrement des inondations liées au Gesvres, entraînant des fermetures répétées.

Selon ADN Actu, ces fermetures sont passées d’un phénomène exceptionnel à un problème quasi récurrent, avec dix jours d’interruption en 2024. Chaque fermeture affecte près de 60 000 véhicules par jour, saturant le centre-ville et les axes secondaires.

Chantiers majeurs et circulation sous tension

L’année 2025 a aussi été marquée par des travaux lourds, notamment la fermeture totale du pont de Cheviré durant cinq jours en été. Axe stratégique, il supporte habituellement 93 000 véhicules quotidiens. Les déviations ont provoqué des ralentissements massifs, notamment vers l’aéroport.

Parallèlement, Nantes Métropole a investi plus de 34 millions d’euros dans l’entretien du réseau de transports en commun et les aménagements cyclables. Ces chantiers, indispensables à long terme, ont néanmoins généré des perturbations temporaires.

Une stratégie assumée de transformation des mobilités

Depuis le 1er janvier 2025, la Zone à Faibles Émissions limite la circulation des véhicules non classés Crit’Air à l’intérieur du périphérique. Selon la métropole, moins de 1 % du parc roulant est directement concerné, ce qui explique un impact limité sur la congestion immédiate.

Le cœur de la stratégie repose ailleurs :

  • développement massif du réseau cyclable métropolitain (640 km à terme),
  • création de nouvelles lignes structurantes de tramway et de busway,
  • apaisement généralisé de la voirie avec le 30 km/h.
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Selon Nantes Métropole, l’objectif est clair : faire passer la part de la voiture à 40 % des déplacements d’ici 2030, contre 57 % en 2008.

Ce que montrent les comparaisons européennes

TomTom cite régulièrement Amsterdam et Copenhague comme exemples de villes ayant réduit durablement la congestion. Leur point commun n’est pas la contrainte, mais l’attractivité des alternatives. Selon TomTom, « réduire les embouteillages ne consiste pas à construire plus de routes, mais à redonner de l’espace aux autres modes ».

À Nantes, cette logique est assumée. Le péage urbain, testé ailleurs en Europe, n’a pas été retenu. La métropole privilégie une transition progressive, misant sur l’adhésion plutôt que sur la sanction.

Une amélioration réelle, mais encore fragile

La baisse à 76 heures de bouchons en 2025 confirme une trajectoire encourageante. Elle montre que les politiques publiques peuvent produire des effets mesurables, même dans une métropole en croissance. Mais cette amélioration reste exposée aux aléas climatiques, aux chantiers structurants et aux effets rebond bien connus des spécialistes.

Selon le Cerema, toute amélioration de la fluidité peut générer un trafic induit si elle n’est pas accompagnée d’un report modal crédible. C’est là que se jouera la suite de l’histoire nantaise.

Les prochaines années, marquées par l’arrivée des lignes 6, 7 et 8 et l’achèvement du réseau vélo magistral, diront si cette amélioration ponctuelle peut devenir une tendance durable. Et vous, ressentez-vous cette baisse des bouchons dans vos trajets quotidiens à Nantes ? Le débat reste ouvert.

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