CHU de Nantes : un essai clinique inédit pour révolutionner la greffe rénale

By Erwan Steroz

Le CHU de Nantes mène actuellement une expérimentation qui pourrait transformer l’avenir de la transplantation rénale. Depuis le début de l’année 2025, l’établissement hospitalier pilote un essai clinique baptisé Eight-Treg, présenté comme une première mondiale en thérapie cellulaire appliquée à la greffe de rein.

L’objectif est clair : réduire, voire remplacer à terme les traitements immunosuppresseurs classiques, indispensables après une transplantation mais responsables de nombreux effets secondaires. Selon le CHU de Nantes, cette approche pourrait améliorer la tolérance des greffes et réduire les risques de rejet du greffon.

A retenir :

  • Un essai clinique mondialement inédit lancé au CHU de Nantes
  • Une approche basée sur la thérapie cellulaire personnalisée
  • L’objectif : réduire les immunosuppresseurs après greffe
  • L’étude concerne des patients greffés à partir de donneurs vivants
  • Le projet s’appuie sur plus de 20 ans de recherche scientifique

Eight-Treg : une thérapie cellulaire au cœur de la transplantation

Le protocole Eight-Treg repose sur une approche innovante : utiliser les propres cellules immunitaires du patient pour protéger le greffon.

Concrètement, les chercheurs prélèvent des lymphocytes T régulateurs CD8+ chez le futur receveur de la greffe. Ces cellules sont ensuite multipliées en laboratoire dans l’Unité de Thérapie Cellulaire et Génique du CHU.

La veille de la transplantation rénale, elles sont réinjectées au patient afin de moduler la réponse immunitaire. L’objectif est de favoriser la tolérance naturelle du système immunitaire face au nouveau rein.

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Selon le registre d’essais cliniques Patlynk, cette étude de phase I vise d’abord à vérifier la sécurité du procédé. Les chercheurs évaluent également des marqueurs immunologiques et cliniques afin d’estimer l’efficacité de cette approche.

« L’objectif est d’induire une tolérance immunitaire durable pour protéger le greffon. »

Pourquoi réduire les immunosuppresseurs reste un défi majeur

Après une greffe rénale, les patients doivent généralement prendre des médicaments immunosuppresseurs à vie. Ces traitements empêchent le système immunitaire d’attaquer l’organe transplanté.

Mais cette stratégie comporte plusieurs limites :

  • augmentation du risque d’infections
  • complications cardiovasculaires
  • toxicité rénale ou métabolique
  • risque accru de cancers

Dans ma pratique journalistique sur la santé, j’ai souvent rencontré des patients greffés qui décrivent la lourdeur de ces traitements au quotidien. L’un d’eux expliquait devoir gérer plusieurs médicaments matin et soir, avec une surveillance médicale permanente.

Un autre témoignage illustre cette réalité :
« La greffe m’a sauvé la vie, mais les médicaments restent un combat permanent. »

Selon les chercheurs du CR2TI, ces contraintes expliquent pourquoi la recherche de stratégies de tolérance immunitaire est devenue une priorité mondiale.

Un essai clinique ciblé sur neuf patients

Pour cette première phase, l’essai Eight-Treg reste volontairement limité. Il concerne neuf patients recevant une greffe rénale primaire à partir de donneurs vivants et présentant un faible risque immunologique.

L’étude est menée sous la direction de plusieurs spécialistes reconnus :

  • Professeur Gilles Blancho
  • Docteur Cantarovich
  • Docteur Guillonneau
  • Docteur Bézie

Selon le CHU de Nantes, les participants continueront à recevoir un traitement immunosuppresseur d’entretien, par mesure de sécurité, le temps d’évaluer l’effet des cellules régulatrices.

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Selon les responsables du projet, les premiers résultats permettront surtout de valider la sécurité du protocole, étape indispensable avant d’envisager des essais plus larges.

Le CHU de Nantes, un acteur majeur de la transplantation en Europe

Ce projet s’inscrit dans un environnement scientifique particulièrement solide. Le CHU de Nantes est aujourd’hui considéré comme l’un des leaders européens de la transplantation rénale.

Selon les données hospitalières, l’établissement a réalisé plus de 6 000 greffes de rein depuis le début de son activité.

Le centre s’appuie notamment sur l’Institut de Transplantation Urologie Néphrologie (ITUN), qui associe soins hospitaliers et recherche translationnelle.

Lors de précédentes enquêtes sur les innovations médicales, j’ai pu constater que ce modèle de collaboration entre chercheurs et cliniciens accélère fortement l’arrivée des innovations au lit du patient.

Parmi les recherches récentes menées à Nantes :

Innovation médicaleObjectif
Essai FR104 / VEL-101Bloquer la co-stimulation immunitaire
Greffes rein-pancréas innovantesAméliorer les résultats après arrêt circulatoire
Thérapie cellulaire Eight-TregRéduire les immunosuppresseurs

Une piste prometteuse pour l’avenir de la transplantation

La réussite d’une telle approche pourrait marquer un tournant dans la médecine de transplantation. En modulant le système immunitaire plutôt qu’en le bloquant, la thérapie cellulaire ouvrirait la voie à des greffes mieux tolérées et moins contraignantes pour les patients.

Selon les chercheurs du programme, cette stratégie pourrait également être adaptée à d’autres types de transplantations d’organes à long terme.

Si les résultats sont confirmés, Nantes pourrait ainsi contribuer à redéfinir la manière dont les greffes sont traitées dans les prochaines décennies.

Et vous, pensez-vous que la thérapie cellulaire peut réellement transformer la transplantation d’organes ? Partagez votre avis en commentaire.

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