À Nantes, une jeune entreprise technologique propose une approche originale pour lutter contre les émissions industrielles. La start-up Blue 2 développe une solution basée sur les microalgues pour capter et valoriser le CO2 des usines. L’objectif est clair : transformer un déchet climatique en ressource économique utile.
La démarche attire déjà l’attention de l’écosystème industriel et scientifique local. Car derrière cette innovation se cache une idée simple mais puissante : utiliser la photosynthèse naturelle des microalgues pour absorber le CO2 des fumées industrielles.
À retenir
- Une start-up nantaise utilise des microalgues pour capter le CO2 industriel.
- La biomasse produite peut être transformée en molécules utiles pour l’industrie.
- Un premier prototype industriel est attendu pour 2026.
Une start-up nantaise qui capte le CO2 grâce aux microalgues
Blue 2 est une start-up fondée à Nantes à la fin de l’année 2024. Elle s’inscrit dans une dynamique locale forte autour de la recherche environnementale et des biotechnologies marines.
L’entreprise a été créée par Romain Million, Arianna Rizzo et Arnaud Grisard. L’équipe s’appuie sur l’expertise scientifique développée notamment dans les laboratoires nantais spécialisés dans l’étude des microalgues.
Selon le programme Pépite Pays de la Loire, le projet s’inscrit dans une logique de valorisation industrielle des découvertes scientifiques issues du territoire.
« Transformer les émissions de CO2 en ressources utiles peut changer la manière dont les industriels abordent la décarbonation. »
Comment Blue 2 transforme le CO2 grâce aux microalgues
Le principe repose sur un système appelé photobioréacteur. Ce dispositif est installé directement sur les sites industriels.
Le fonctionnement se déroule en plusieurs étapes :
- Les fumées industrielles riches en CO2 sont captées.
- Le gaz est compressé puis injecté dans un réacteur.
- Des microalgues utilisent ce CO2 pour réaliser la photosynthèse.
- Elles produisent ensuite une biomasse riche en molécules biosourcées.
Selon les travaux du laboratoire GEPEA et de l’Ifremer, les microalgues peuvent capter jusqu’à dix fois plus de CO2 par mètre carré que les plantes terrestres.
Lors d’un échange avec un ingénieur travaillant dans la valorisation du carbone, j’ai été frappé par un constat simple. Les solutions les plus efficaces s’inspirent souvent directement des mécanismes naturels.
Les microalgues, un potentiel puissant pour capter le CO2
Les microalgues sont étudiées depuis plusieurs années dans la recherche environnementale. Leur capacité de croissance rapide et leur forte activité photosynthétique en font des candidates idéales pour capter du carbone.
Selon les recherches relayées par Vicat dans le projet CimentAlgue, ces organismes microscopiques peuvent absorber de grandes quantités de CO2 tout en produisant des composés utiles.
La biomasse obtenue peut ensuite être transformée pour plusieurs usages industriels :
- ingrédients cosmétiques
- molécules pharmaceutiques
- produits pour la chimie verte
- applications industrielles biosourcées
Lors d’un reportage sur les biotechnologies marines, j’avais visité un laboratoire travaillant sur ces microalgues. Les chercheurs expliquaient que certaines espèces pouvaient doubler leur masse en moins de 24 heures.
Cette rapidité change complètement l’échelle de production possible.
Témoignage d’un acteur industriel
Un responsable d’une PME chimique rencontrée lors d’un salon sur la transition industrielle résumait bien l’intérêt du procédé :
« Si le CO2 devient une matière première rentable, alors la décarbonation devient un investissement et non plus une contrainte. »
Les défis technologiques pour industrialiser les microalgues
Malgré son potentiel, la technologie doit encore franchir plusieurs étapes avant d’être déployée à grande échelle.
Les principaux défis concernent :
- l’optimisation des photobioréacteurs
- le coût d’installation sur les sites industriels
- la production continue de biomasse
- la valorisation économique des molécules extraites
Selon Innovations.fr, Blue 2 prévoit de franchir une étape clé avec l’installation d’un premier prototype industriel au second semestre 2026.
Ce démonstrateur doit permettre de prouver la viabilité technique et économique du modèle.
Tableau : fonctionnement simplifié de la technologie Blue 2
| Étape | Processus | Résultat |
|---|---|---|
| Capture | Fumées industrielles récupérées | CO2 concentré |
| Injection | Gaz introduit dans un photobioréacteur | Nourriture pour microalgues |
| Photosynthèse | Microalgues consomment le CO2 | Production de biomasse |
| Valorisation | Transformation en molécules biosourcées | Produits industriels |
Pourquoi Nantes devient un laboratoire des solutions climatiques
L’innovation portée par Blue 2 illustre aussi la dynamique de l’écosystème scientifique nantais.
Entre laboratoires de recherche, industriels et start-ups deeptech, la région devient un terrain d’expérimentation pour les technologies bas carbone.
Selon plusieurs acteurs du secteur, les collaborations entre recherche publique et industrie accélèrent l’émergence de solutions concrètes contre le changement climatique.
Et si les microalgues devenaient demain un outil majeur de la décarbonation industrielle ?
La question mérite d’être posée. Qu’en pensez-vous ?