À 92 ans, Jean-Claude Albert Coiffard vient de décrocher le 1er prix de poésie francophone, une distinction rare qui dépasse largement le cadre symbolique.
Remise fin novembre à Wasquehal, dans le Nord, cette récompense consacre un poème, Ils avaient tout quitté, choisi parmi 147 textes venus de 12 pays francophones, preuve que la poésie n’a ni âge ni frontière.
A retenir :
- Un poète nantais de 92 ans distingué au plus haut niveau d’un concours francophone.
- 147 participants issus de 12 pays, réunis autour du thème de l’Ailleurs.
- 50 poèmes sélectionnés et publiés dans l’anthologie Oser la poésie 2025.
Un prix de poésie francophone au rayonnement affirmé
Organisé par l’Association des Auteurs des Hauts-de-France, ce prix s’impose depuis plusieurs années comme un rendez-vous exigeant pour les auteurs francophones. L’édition 2025 invitait les participants à explorer le thème de « Ailleurs », une notion vaste qui interroge autant le voyage que l’exil intérieur. Le jury, composé de poètes confirmés, a évalué chaque texte selon des critères stricts mêlant qualité poétique, rythme, musicalité et respect du thème.
Écrire l’exil sans l’exploiter : un défi poétique
Avec Ils avaient tout quitté, Jean-Claude Albert Coiffard aborde l’exil sans pathos ni démonstration. Le poème évoque le départ, la rupture, l’arrachement, mais laisse au lecteur l’espace nécessaire pour ressentir. Dans un contexte mondial marqué par les migrations et les déplacements forcés, cette retenue fait écho à une réalité contemporaine sans jamais la figer dans un discours. La force du texte réside dans sa simplicité maîtrisée, là où beaucoup échouent à trouver le ton juste.
« Une poésie qui parle de l’exil sans le surligner, laissant le silence faire son œuvre. »
Une vie entière consacrée aux mots et au partage
Né à Nantes en 1933, Jean-Claude Albert Coiffard est un autodidacte qui a découvert la poésie par la chanson avant de s’y consacrer pleinement. Animateur de l’émission Rivages poétiques sur Radio Fidélité, critique littéraire et membre de plusieurs collectifs, il n’a jamais cessé de transmettre sa passion. Même à plus de 90 ans, il publie encore et participe activement à la vie culturelle locale. Ce prix vient consacrer une fidélité rare à la langue et au temps long, loin des logiques d’urgence.
Un palmarès 2025 qui prolonge la création
La cérémonie de Wasquehal a distingué quatre lauréats, représentant des parcours et des sensibilités très différentes. Au-delà des récompenses individuelles, cinquante textes ont été retenus pour une publication collective, donnant une seconde vie aux poèmes primés et remarqués.
| Distinction | Lauréat | Texte |
|---|---|---|
| 1er prix | Jean-Claude Albert Coiffard | Ils avaient tout quitté |
| 2e prix | Jean-Michel Delambre | Elle l’attendait |
| 3e prix | Thierry Tessier | Le château dans le ciel |
| Prix spécial | Marie Chkaiban (Ray Rabia) | — |
Une reconnaissance qui dépasse le cadre personnel
Cette victoire met aussi en lumière la vitalité discrète mais réelle de la scène poétique nantaise. Elle rappelle que la création ne se mesure ni à l’âge ni à la visibilité médiatique, mais à la justesse d’une voix. À l’heure où la culture valorise souvent la nouveauté immédiate, le parcours de Jean-Claude Albert Coiffard défend la patience, la constance et la profondeur. Une invitation à redonner du temps aux mots.