Place Jacques-Demy à Paris : une adresse dédiée au cinéaste
Le nom de la place Jacques-Demy évoque immédiatement le cinéma, mais cette place ne se trouve pas à Nantes. Elle est située dans le quartier du Petit-Montrouge, dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, et porte le nom du réalisateur depuis le 12 décembre 2000.
Ce choix rend hommage à Jacques Demy, qui a vécu dans l’arrondissement avec Agnès Varda. Il rappelle aussi que les lieux de mémoire d’un artiste ne se limitent pas à sa ville d’enfance : Paris conserve une adresse liée à sa vie, tandis que Nantes demeure au cœur de son œuvre.
Repères géographiques :
- Quartier du Petit-Montrouge, dans le 14ᵉ arrondissement
- Place délimitée par les rues Brézin, Boulard, Mouton-Duvernet et Jacques-Perrin
- Station Mouton-Duvernet, desservie par la ligne 4 du métro
Un nom parisien, un hommage lié à Nantes
Cette adresse parisienne prend tout son sens quand on la rapproche de Nantes, ville où Jacques Demy a grandi et découvert le cinéma. Né à Pontchâteau en 1931, il a passé une grande partie de sa jeunesse dans la métropole nantaise, fréquentant notamment des salles comme l’Apollo et le Katorza.
Selon les repères biographiques consacrés au réalisateur, cette expérience urbaine a nourri son regard de cinéaste. Il est parti à Paris à la fin des années 1940 pour poursuivre sa formation, sans rompre le lien avec sa ville : Nantes devient un décor vivant, non une simple toile de fond.
Le parcours de Demy aide à comprendre la portée de cet hommage. Paris rappelle son ancrage dans le 14ᵉ arrondissement, tandis que Nantes rend visible l’influence profonde de ses rues, de ses passages et de ses salles de spectacle.
À retenir sur les deux villes :
- Nantes, ville de jeunesse et source d’inspiration cinématographique
- Paris, lieu de vie et adresse de la place portant son nom
- Agnès Varda, compagne et partenaire artistique de longue durée
De Lola aux Parapluies de Cherbourg, Nantes à l’écran
Le lien entre Nantes et Jacques Demy apparaît avec force dans ses films. Lola, sorti en 1961, situe son récit dans la ville portuaire ; plus tard, Une chambre en ville y revient également, faisant des rues nantaises un élément essentiel de l’atmosphère.
Les Parapluies de Cherbourg renvoient eux aussi à l’univers visuel du réalisateur et à des lieux familiers de Nantes, dont le passage Pommeraye. Selon les présentations patrimoniales consacrées à l’œuvre, ces références montrent combien le décor urbain participe à la narration et à la mémoire des personnages.
Le cinéaste transforme ainsi une géographie quotidienne en matière de cinéma. Même le pont transbordeur, démantelé en 1958, réapparaît dans Une chambre en ville grâce à des effets visuels : l’image restitue le Nantes que Demy voulait préserver.
Films et repères nantais :
| Œuvre ou lieu | Lien avec Nantes |
|---|---|
| Lola | Film situé dans la ville |
| Une chambre en ville | Film tourné à Nantes et évocation du pont transbordeur |
| Les Parapluies de Cherbourg | Références à l’univers nantais, notamment au passage Pommeraye |
| Passage Pommeraye | Lieu associé aux parcours et aux souvenirs du cinéaste |
Marché et rues du Petit-Montrouge : une place habitée
La place Jacques-Demy s’inscrit aussi dans une histoire locale qui précède son nom actuel. Un marché alimentaire y a été inauguré en octobre 1857, alors que le Petit-Montrouge appartenait à la commune de Montrouge ; il se tenait près de l’ancienne mairie.
Le marché a traversé les changements du quartier. Aujourd’hui, des commerçants y sont présents le mardi et le vendredi matin. Le marché de la Création, qui s’y tenait le dimanche dans les dernières décennies du XXᵉ siècle, a depuis été déplacé boulevard Edgar-Quinet.
Cette continuité donne à la place une fonction quotidienne, au-delà de son rôle mémoriel. On y vient pour faire ses courses, rejoindre le métro ou passer entre les rues du quartier : l’hommage au cinéma s’inscrit dans un espace de vie ordinaire.
Évolution des usages :
| Période | Repère | Usage ou changement |
|---|---|---|
| 1857 | Ouverture du marché alimentaire | Marché de la place de la Mairie |
| Fin du XXᵉ siècle | Marché de la Création | Rendez-vous dominical sur la place |
| 12 décembre 2000 | Attribution du nom actuel | Hommage à Jacques Demy |
| Depuis son déplacement | Marché de la Création | Installation boulevard Edgar-Quinet |
Peinture murale et patrimoine cinématographique vivant
La mémoire de Jacques Demy se prolonge aussi par des gestes artistiques récents dans le quartier. En décembre 2024, une peinture murale a été réalisée sur la façade sud de l’école élémentaire Agnès-Varda, face à la place, à l’initiative du conseil de quartier Mouton-Duvernet.
L’œuvre de l’artiste Alice Wietzel évoque notamment Peau d’âne, Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort. Ces références donnent aux passants des repères immédiats, tout en reliant l’hommage local à une filmographie connue bien au-delà de Paris et de Nantes.
Les aménagements du secteur renforcent également la circulation piétonne. En 2024, une portion de la rue Mouton-Duvernet a pris le nom d’allée Françoise-d’Eaubonne ; elle est végétalisée et relie les abords des squares Ferdinand-Brunot et de l’Aspirant-Dunand. En 2025, le tronçon sud de la rue Saillard a été renommé rue Jacques-Perrin.
Repères de mémoire dans le quartier :
- Peinture murale dédiée aux films de Jacques Demy
- École élémentaire Agnès-Varda située face à la place
- Allée Françoise-d’Eaubonne et liaison piétonne entre deux squares
- Rue Jacques-Perrin, nouveau nom attribué à un tronçon en 2025
La place associe ainsi mémoire urbaine, marché de quartier et culture cinématographique. Elle rappelle qu’un hommage durable ne se réduit pas à une plaque : il prend aussi forme dans les usages et les œuvres qui restent visibles au quotidien.