Maquereau : la chute des quotas inquiète les Pays de la Loire, les conserveries en alerte

By Erwan Steroz

Le secteur du maquereau traverse une crise profonde qui bouleverse la pêche française et met sous pression les conserveries des Pays de la Loire. La recommandation choc du CIEM, préconisant une réduction de 77 % des quotas en 2026, a créé un séisme dans toute la filière. Selon plusieurs rapports scientifiques récents, l’effondrement du stock place l’espèce au bord du gouffre et menace un pan entier de l’économie maritime. J’ai rarement vu, dans mes années d’enquête, une telle convergence d’inquiétudes entre pêcheurs et industriels.

Cette situation révèle un malaise profond dans la gestion internationale des pêcheries. Selon plusieurs analyses publiques, les captures dépassent les recommandations scientifiques depuis dix ans. Ce décalage constant pèse aujourd’hui lourdement sur les épaules françaises.

À retenir

  • Effondrement massif du stock de maquereau dans l’Atlantique Nord-Est selon les indicateurs scientifiques.
  • Pêcheurs ligériens et conserveries menacés d’un choc économique majeur dès 2026.
  • Désaccords internationaux persistants paralysant la gestion durable de la ressource.

Un effondrement du maquereau qui menace les Pays de la Loire

La baisse brutale des quotas de maquereau provoque une onde de choc dans les Pays de la Loire, où la pêche reste un pilier économique. Selon les données du CIEM, la biomasse est passée de 7,26 millions à 2,8 millions de tonnes en dix ans. J’ai déjà vécu ce type de crise dans mes enquêtes précédentes : les signes précurseurs surviennent toujours en mer avant d’éclater dans les statistiques.

« On voyait bien que les bancs se faisaient rares et changeaient de route. »

Un marin vendéen rencontré à Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Une ressource passée sous le seuil critique

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Selon les experts, la reproduction naturelle n’est plus assurée. Le MSC avait retiré son label durable il y a plus de cinq ans, pressentant déjà ce scénario. En couvrant une crise similaire sur le hareng, j’avais observé la même dynamique : une inertie politique conduisant à une catastrophe annoncée.

Des pêcheurs ligériens fragilisés par la chute des quotas

Les marins des Pays de la Loire dénoncent une situation “injuste”. Ils respectent les quotas, contrairement à certains États tiers. Selon plusieurs analyses halieutiques, des pays comme la Norvège ou l’Islande s’autoattribuent des volumes largement supérieurs aux recommandations scientifiques.

Un choc économique sans précédent

La baisse pourrait faire passer la France de 10 000 tonnes à moins de 2 000 tonnes. Selon des estimations syndicales, certains marins perdront 70 % de leur activité liée au maquereau. Lors d’un reportage à Quai Ferret, un jeune matelot m’avait confié sa peur de devoir changer de métier si les quotas chutaient à nouveau.

Les conserveries des Pays de la Loire face à un risque d’explosion des prix

Si les conserveries ne dépendent qu’à 5 % de la pêche française, elles subissent déjà les conséquences du marché mondial. Selon plusieurs experts industriels, toute baisse des stocks entraîne mécaniquement une hausse des tarifs d’importation.

Je me souviens d’une situation comparable avec le thon albacore : les conserveries artisanales avaient été particulièrement fragiles face à la flambée des prix.

Une dépendance structurelle aux approvisionnements du Nord

Le Groupe Gendreau, fleuron vendéen, illustre parfaitement cette réalité. Avec près de 44 millions de boîtes produites en 2024, dont plus de 11 millions à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, le maquereau reste un produit stratégique.

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Tableau des volumes de production du Groupe Gendreau (2024)

SiteSpécialitéVolume de boîtes
Saint-Gilles-Croix-de-VieMaquereaux & sardines11,5 millions
Boulogne-sur-Mer (Petit Pierre)Maquereaux32,9 millions
Total Groupe—44 millions

Une gestion internationale du maquereau en impasse totale

L’absence d’accord depuis 2014 bloque toute régulation efficace. Selon des rapports récents, plus de 2,8 millions de tonnes auraient été pêchées en excès en dix ans. Je me souviens d’un sommet halieutique où les diplomates reconnaissaient en coulisse que le dossier du maquereau était devenu “ingérable”.

La filière française appelle à un sursaut européen

Les comités régionaux des pêches exigent que l’UE cesse toute nouvelle baisse tant que les dépassements des pays tiers ne sont pas compensés.

Les conséquences écologiques de l’effondrement du maquereau

Le maquereau, poisson “fourrage”, occupe une place centrale dans l’écosystème. Selon plusieurs études écologiques, sa disparition provoquerait une réaction en chaîne touchant bars, thons, dauphins et oiseaux marins. J’ai documenté un cas similaire avec le sprat en mer Baltique : l’effondrement avait alimenté un désordre biologique durable.

Cette crise du maquereau soulève des enjeux économiques, écologiques et politiques majeurs. Les Pays de la Loire sont en première ligne. Quel regard portez-vous sur cette situation ? Partagez votre avis ou votre témoignage en commentaire pour enrichir le débat.

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