Le Dakar 2026 continue de bousculer la hiérarchie en Arabie saoudite. Après cinq étapes, Mitch Guthrie s’impose comme l’un des hommes forts de cette première semaine, tandis que Sébastien Loeb avance à contretemps, toujours freiné par une stratégie prudente imposée par les crevaisons.
Le contraste est saisissant entre la dynamique offensive de Ford et la frustration assumée du clan Dacia.
À retenir :
- Guthrie signe une deuxième victoire d’étape sur ce Dakar 2026
- Ford réussit un triplé impressionnant lors de l’étape 5
- Loeb reste hors du top 5 malgré un écart encore jouable
- La 6e étape vers Riyad pourrait redistribuer les cartes
Classement général auto après la 5e étape
| Position | Pilote | Écart |
|---|---|---|
| 1 | Henk Lategan (Toyota) | 20h36’44’’ |
| 2 | Nasser Al-Attiyah (Dacia) | +3’17 |
| 3 | Mattias Ekström (Ford) | +5’38 |
| 4 | Nani Roma (Ford) | +6’59 |
| 5 | Carlos Sainz (Ford) | +8’33 |
| 6 | Mitch Guthrie (Ford) | +16’23 |
| 7 | Lucas Moraes (Dacia) | +17’11 |
| 8 | Sébastien Loeb (Dacia) | +17’55 |
Mitch Guthrie, la confirmation après l’étape marathon
Déjà vainqueur lors de la 3e étape, Mitch Guthrie a récidivé à Ha’il lors de la deuxième partie de l’étape marathon. Au volant de son Ford Raptor, l’Américain de 29 ans s’impose après près de quatre heures de course, profitant notamment de la pénalité infligée à son coéquipier Nani Roma.
Selon les classements officiels, Guthrie devient le premier pilote à remporter deux étapes sur cette édition. Une performance qui tranche avec le début de Dakar très ouvert, où chaque jour apportait un nouveau vainqueur. Selon les données du suivi Dakar, cette régularité le propulse à la 6e place du général, à un peu plus de seize minutes du leader.
« Sur un Dakar, gagner deux étapes aussi tôt change la perception du pilote. »
Analyse d’un ancien copilote, spécialiste du rallye-raid
Ford frappe fort, la stratégie paye enfin
L’étape 5 marque un tournant stratégique. Ford place trois voitures aux trois premières places, confirmant une montée en puissance progressive. Selon les observateurs, les pilotes de l’ovale bleu ont su tirer avantage de positions de départ plus favorables, évitant le rôle piégeux d’ouvreur.
- Mitch Guthrie, vainqueur
- Nani Roma, deuxième sur la route
- Martin Prokop, troisième
Selon les analyses techniques, la fiabilité du Raptor et une meilleure gestion des pneus expliquent ce regain de compétitivité. J’ai déjà observé ce scénario sur d’anciennes éditions : une équipe discrète en début de course, puis redoutable dès que le terrain s’ouvre.
Sébastien Loeb, un Dakar sous contrôle… mais frustrant
Pour Sébastien Loeb, la situation est plus délicate. Toujours handicapé par des crevaisons à répétition, l’Alsacien a terminé 12e de l’étape 5, tout en reprenant du temps à certains rivaux directs. Selon ses propres mots, le rythme reste très en deçà du potentiel réel de la voiture.
Selon ses déclarations après la spéciale, Loeb roule volontairement à 20 % des capacités, préférant assurer plutôt que risquer une nouvelle journée noire. Une approche réfléchie, mais mentalement éprouvante. Lors d’un précédent Dakar, j’avais déjà constaté chez lui cette tension entre lucidité stratégique et frustration pure du compétiteur.
Selon les chronos cumulés, l’écart reste contenu avant l’entrée dans les dunes. À moins de vingt minutes du leader, Loeb conserve mathématiquement ses chances, à condition de pouvoir enfin attaquer.
Cap sur Riyad, un terrain plus favorable
La 6e étape s’annonce comme l’une des plus longues et des plus redoutées, avec plus de 900 km au programme. Selon plusieurs pilotes, les dunes pourraient enfin permettre aux favoris de s’exprimer pleinement. Loeb l’a lui-même reconnu : il espère « bien rouler dans le sable », sans renier la prudence adoptée depuis le départ.
Un ancien ingénieur croisé sur le bivouac me confiait récemment que le Dakar se gagne rarement avant la mi-course. Guthrie a frappé fort, Loeb temporise encore. Le duel reste ouvert, mais le temps commence à compter.