CHU de Nantes : grève en réanimation pédiatrique et en néphrologie, les syndicats tirent la sonnette d’alarme

By Loïc Aodvel

Le CHU de Nantes traverse une nouvelle zone de turbulence. Depuis fin janvier 2026, des mouvements de grève touchent la néphrologie et la réanimation pédiatrique. Les syndicats dénoncent un manque chronique de personnel et des conditions de travail jugées dangereuses.

L’enjeu dépasse le cadre social : il concerne directement la sécurité des patients et l’avenir de l’hôpital public.

A retenir :

  • Fermeture temporaire de lits faute de personnel
  • Surcharge et heures supplémentaires imposées aux équipes
  • Risques accrus pour la prise en charge des patients
  • Syndicats CGT et FO réclament des recrutements rapides
  • Direction évoque des renforts sans calendrier précis

Néphrologie : plannings sous tension et lits fermés

En néphrologie, la mobilisation a franchi un cap début février. Des soignants ont investi les bureaux de la direction pour dénoncer une situation devenue intenable.

Selon les organisations syndicales, les équipes subissent des plannings instables et des remplacements insuffisants. Certains agents auraient travaillé jusqu’à trois week-ends consécutifs. Dans ce contexte, 9 lits sur 29 ont été temporairement fermés pour garantir la sécurité des soins.

Selon Ouest-France, les syndicats réclament un remplacement systématique des absences et des recrutements pérennes. À ce stade, les négociations n’ont pas abouti.

« Nous voulons pouvoir soigner correctement, pas tenir en permanence grâce au système D. »

Un infirmier témoigne : « Chaque absence désorganise tout le service. On compense, mais l’épuisement gagne. »

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Réanimation pédiatrique : un service stratégique en sous-effectif

La situation est tout aussi préoccupante en réanimation pédiatrique. Un nouveau préavis de grève a été déposé moins d’un an après une précédente mobilisation.

Ce service de référence accueille environ 600 enfants par an, âgés de 0 à 15 ans. Avec seulement 10 lits, la surveillance doit être constante. Or, les syndicats alertent sur des effectifs insuffisants pour assurer un fonctionnement sécurisé 24 heures sur 24.

Selon la CGT du CHU de Nantes, l’épuisement professionnel devient un risque majeur. Les représentants du personnel évoquent également des difficultés de recrutement dans ces spécialités très techniques.

Des conséquences concrètes pour les patients et les équipes

La fermeture de lits et la tension sur les équipes ont un impact direct sur l’activité hospitalière.

Selon les données syndicales, ces restrictions peuvent entraîner :

  • Des reports de soins ou d’hospitalisations
  • Des transferts vers d’autres établissements
  • Une augmentation du temps d’attente pour certains patients

Selon plusieurs analyses nationales sur l’hôpital public, la dégradation des conditions de travail favorise les départs anticipés et complique encore les recrutements.

J’ai observé ce phénomène lors d’échanges avec des cadres hospitaliers : plus la pression augmente, plus les équipes expérimentées quittent les services critiques. Le cercle devient difficile à briser.

Un conflit révélateur des tensions structurelles de l’hôpital public

Le mouvement actuel s’inscrit dans un contexte plus large de tensions hospitalières. Le CHU de Nantes, pourtant reconnu régionalement, connaît des difficultés récurrentes : arrêts non remplacés, fermetures temporaires de lits, surcharge des équipes.

Selon les syndicats CGT et FO, la priorité doit être donnée à des recrutements rapides et durables. La direction indique de son côté que certains postes sont classés prioritaires, sans calendrier précis pour leur ouverture.

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Un cadre de santé confie : « Les annonces existent, mais sur le terrain, les renforts arrivent trop lentement. »

Tableau – Situation des services concernés

ServiceCapacité théoriqueSituation actuellePrincipales difficultés
Néphrologie29 lits9 lits fermésManque de personnel, plannings instables
Réanimation pédiatrique10 litsActivité sous tensionSous-effectifs, surveillance intensive
Ensemble CHU—Tensions récurrentesRecrutement difficile, absentéisme

Des solutions attendues, mais une urgence sur le terrain

Les syndicats demandent des mesures immédiates : remplacements systématiques, renforts rapides et amélioration des conditions de travail. Ils alertent aussi sur la nécessité de rendre ces services plus attractifs.

Selon plusieurs rapports nationaux sur les ressources hospitalières, l’enjeu dépasse les établissements isolés. Il concerne la capacité du système de santé à maintenir des services spécialisés dans les territoires.

Le conflit nantais pourrait ainsi devenir un signal d’alerte plus large sur l’état des services critiques en France.

La situation vous inquiète ou vous concerne ? Partagez votre expérience ou votre point de vue en commentaire.

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