La plus grande centrale de stockage d’électricité de France inaugurée à Nantes, au pied du pont de Cheviré (2026)

By Loïc Aodvel

À Nantes, un cap symbolique vient d’être franchi pour le système électrique français. Au pied du pont de Cheviré, une centrale de stockage par batteries, la plus puissante du pays, est désormais pleinement opérationnelle. Avec 100 MW de puissance et 200 MWh de capacité, le site s’impose comme une pièce maîtresse de la transition énergétique nationale.

Mise en service industrielle en 2025 puis inaugurée officiellement en décembre de la même année, cette installation reste, début 2026, la plus grande centrale de stockage d’électricité par batteries en France. Un projet à la fois industriel, énergétique et territorial, observé de près par les acteurs du réseau électrique.

À retenir

  • 100 MW / 200 MWh : un record national pour le stockage stationnaire par batteries.
  • Un site reconverti, installé sur l’ancienne centrale thermique de Cheviré.
  • Un rôle clé pour le réseau, au service de l’équilibrage et de la stabilité électrique.

Un site stratégique au pied du pont de Cheviré

Implantée dans la zone portuaire du Port de Nantes Saint-Nazaire, la centrale occupe une emprise d’environ 1,3 hectare, en bord de Loire, directement sous le Pont de Cheviré. Le choix du lieu n’est pas anodin.

Le site correspond à l’ancienne centrale thermique de Cheviré, exploitée entre les années 1950 et 1980 au charbon, au fioul puis au gaz. La reconversion d’une friche industrielle lourde en infrastructure de flexibilité électrique incarne un virage concret vers un modèle énergétique moins carboné.

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Selon Ouest-France, cette transformation illustre la capacité du territoire nantais à recycler son passé industriel au profit de nouvelles fonctions stratégiques.
Selon Le Monde, Cheviré est devenu un symbole national de l’essor du stockage d’électricité.
Selon TéléNantes, le projet marque un tournant pour l’écosystème énergétique local.

Une centrale de stockage d’électricité aux dimensions inédites

Avec 100 MW de puissance instantanée, la centrale peut injecter rapidement de l’électricité sur le réseau. Sa capacité de 200 MWh lui permet de tenir cet effort pendant environ deux heures. Concrètement, cela représente l’équivalent de la consommation électrique de 170 000 foyers, soit plus que l’ensemble des ménages nantais.

Cette centrale de stockage d’électricité fonctionne comme une gigantesque réserve. Elle absorbe l’énergie lorsque la production est excédentaire, notamment issue des renouvelables, puis la restitue lors des pics de demande. Un rôle devenu central dans un système électrique de plus en plus dépendant de sources intermittentes.

« Le stockage par batteries devient un pilier silencieux mais indispensable du réseau électrique moderne. »

Des batteries Tesla Megapack au cœur du dispositif

Techniquement, l’installation repose sur 52 conteneurs de batteries Tesla Megapack, alignés et sécurisés sur le site. Ces unités industrielles, conçues pour le stockage stationnaire à grande échelle, permettent une réponse très rapide aux besoins du réseau.

L’ensemble a été développé par le britannique Harmony Energy, avant d’être racheté en 2026 par l’énergéticien suisse Alpiq. Ce dernier intègre désormais Cheviré dans son portefeuille européen de solutions de flexibilité.

Dans des projets comparables que j’ai pu analyser, la question n’est plus la faisabilité technique, mais l’intégration fine de ces batteries dans les marchés de l’électricité, où chaque minute compte.

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Un rôle central pour l’équilibrage du réseau électrique

La centrale de Cheviré ne produit pas d’électricité. Elle rend le réseau plus stable. En fournissant des services systèmes à RTE, elle contribue à maintenir la fréquence électrique, à éviter les déséquilibres et à limiter les risques de coupures lors des pics de consommation.

Elle joue aussi un rôle économique, en réduisant la volatilité des prix de l’électricité sur certains créneaux horaires. En pratique, ces batteries prennent progressivement le relais de centrales thermiques très émettrices de CO₂, autrefois mobilisées pour ces ajustements.

Un responsable de réseau confiait récemment : « Sans stockage massif, le développement des renouvelables reste incomplet ». Un constat que Cheviré illustre parfaitement.

Centrale de stockage d’électricité et enjeux territoriaux

Au-delà de la technique, le projet suscite des débats locaux. Visibilité du site, sécurité, intégration paysagère : ces questions reviennent régulièrement dans les échanges publics. Mais elles s’accompagnent aussi d’un constat partagé : le stockage d’électricité devient une infrastructure aussi stratégique qu’un poste électrique ou qu’un pont.

Lors d’un reportage de terrain similaire que j’ai couvert, les riverains exprimaient à la fois des interrogations et une certaine fierté de voir leur quartier associé à un projet national majeur. Cheviré ne fait pas exception.

Et vous, comment percevez-vous l’arrivée de ces infrastructures énergétiques au cœur des villes ? Le débat est ouvert dans les commentaires.

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