La mise en service de la cour des taxis en sous-sol de la gare de Nantes devait marquer un progrès. Quelques mois plus tard, elle cristallise une colère durable.
Entre promesses d’intermodalité et réalité du terrain, le malaise s’installe chez les chauffeurs.
À retenir
- La cour des taxis souterraine, ouverte en mai 2025, est jugée peu visible par les chauffeurs.
- Une mobilisation le 26 novembre 2025 a perturbé la gare sud et forcé une réunion.
- La signalisation est au cœur du conflit, avec un impact direct sur les revenus.
Une infrastructure stratégique au cœur du projet gare sud
Le Pôle d’échange multimodal (PEM) de la gare sud s’inscrit dans la transformation globale de Nantes. L’objectif est clair : connecter efficacement trains, bus, cars, vélos, taxis et voitures de location.
Porté par Nantes Métropole, le projet représente près de 30 millions d’euros d’investissement public. La cour des taxis en sous-sol, capable d’accueillir 60 véhicules, devait fluidifier les prises en charge et libérer l’espace en surface.
Selon Nantes Métropole, cette cour offrait une place « centrale » aux taxis. Selon les chauffeurs, elle les a surtout rendus invisibles.
Une colère des taxis révélatrice d’un problème d’usage
Le 26 novembre 2025, dès l’aube, une soixantaine de taxis ont boycotté la cour souterraine. Ils se sont positionnés sur le parvis sud, bloquant partiellement la circulation et perturbant le réseau Naolib.
Cette action ciblée a rapidement produit un effet. Une réunion de concertation a été programmée le 5 décembre 2025 avec SNCF Gares & Connexions, Nantes Métropole et les représentants des chauffeurs.
Selon Ouest-France, cette mobilisation traduisait un ras-le-bol ancien. Selon les chauffeurs, les clients « ne savent pas où nous trouver ». Selon plusieurs témoignages, la situation s’est aggravée depuis l’ouverture du sous-sol.
Une signalisation jugée insuffisante à la gare de Nantes
Le cœur du conflit tient en un mot : signalisation. Les taxis dénoncent un parcours peu lisible depuis les quais, la mezzanine et les accès principaux.
Les reproches sont constants :
- panneaux absents ou trop discrets,
- manque de pictogrammes clairs,
- indications peu cohérentes avec celles de la gare.
Un représentant syndical résume la situation : « Quand le voyageur hésite, il sort son téléphone et appelle un VTC. »
« On nous a mis sous terre sans donner les moyens aux clients de nous trouver. »
Selon des comptes locaux et des usagers, même des Nantais réguliers peinent à localiser la station. Cette difficulté nourrit un sentiment d’abandon chez les chauffeurs.
Des conséquences économiques immédiates pour les chauffeurs
Dans un secteur déjà sous tension, la perte de visibilité pèse lourd. À Nantes, environ 234 licences de taxi cohabitent avec près de 200 VTC. La concurrence est permanente.
Selon les chauffeurs, chaque course manquée fragilise un peu plus leur équilibre économique. Certains évoquent des revenus mensuels proches de 1 200 euros pour des journées dépassant douze heures.
Selon les données publiques, les défaillances d’entreprises du secteur taxi-VTC ont fortement progressé en 2025. La cour souterraine, pensée comme un atout, est vécue comme un handicap supplémentaire.
Cour des taxis en sous-sol : un problème connu ailleurs
La situation nantaise n’est pas isolée. D’autres grandes gares ont connu des difficultés similaires avec des stations de taxis peu visibles ou mal intégrées.
À Paris-Gare de Lyon, des réaménagements ont été nécessaires pour améliorer les flux et la lisibilité. À Rennes, la continuité de la signalétique SNCF a facilité l’orientation des voyageurs.
Ces exemples montrent une constante : une station souterraine exige une signalétique renforcée. Sans repères clairs, l’accessibilité réelle disparaît.
Les pistes évoquées après la réunion du 5 décembre 2025
Les conclusions officielles de la réunion n’ont pas été rendues publiques. Plusieurs leviers sont néanmoins évoqués par les acteurs.
À court terme, les solutions les plus citées concernent la signalisation et l’information voyageurs. À moyen terme, une adaptation plus profonde de l’accueil est envisagée.
Mesures envisagées autour de la gare de Nantes
| Problème identifié | Solution possible | Impact attendu |
|---|---|---|
| Manque de visibilité | Panneaux directionnels renforcés | Orientation plus rapide |
| Confusion des parcours | Totems multimodaux | Meilleure lisibilité |
| Station perçue comme cachée | Éclairage renforcé | Sentiment de sécurité |
| Manque d’information | Agents d’orientation | Réduction des tensions |
Selon Nantes Métropole, des ajustements sont techniquement possibles sans remettre en cause l’infrastructure.
Un enjeu d’image pour la métropole nantaise
Le PEM gare sud devait être une vitrine des mobilités durables. Le parking vélos géant et la gare routière ont été largement salués. La polémique sur les taxis brouille ce message.
Pour la métropole, l’enjeu dépasse le seul conflit social. Il touche à la crédibilité des projets d’aménagement et à la capacité d’écoute des professionnels.
Selon plusieurs observateurs, une résolution rapide pourrait transformer la crise en démonstration de dialogue efficace.
Un test pour l’avenir des mobilités à Nantes
La cour des taxis en sous-sol est devenue un symbole. Celui d’un décalage possible entre conception et usage réel.
Pour les chauffeurs, la question est simple : être visibles, donc exister économiquement. Pour les pouvoirs publics, le défi consiste à corriger sans renier un projet structurant.
La suite dépendra des actes concrets. Les taxis attendent des changements visibles. Les voyageurs aussi.
Et vous, avez-vous déjà cherché un taxi à la gare de Nantes ? Votre expérience mérite d’être partagée en commentaire.