Le message était clair et sans ambiguïté. Environ 300 personnes se sont rassemblées samedi 17 janvier 2026 place Royale à Nantes pour afficher leur soutien au peuple iranien, confronté à l’une des répressions les plus violentes de son histoire récente.
Cette mobilisation locale s’inscrit dans un mouvement national de solidarité organisé simultanément dans plusieurs villes françaises.
A retenir :
- 300 manifestants réunis place Royale à Nantes
- Un soutien explicite au peuple iranien face à la répression
- Une mobilisation portée par la diaspora et les organisations de défense des droits humains
- Des divisions visibles sur l’avenir politique de l’Iran
Une mobilisation nantaise portée par la diaspora iranienne
Le rassemblement a débuté à 16 heures, à l’appel de membres de la diaspora iranienne installés à Nantes. Dès les premiers échanges, l’émotion dominait. J’ai été frappé par le silence respectueux qui précédait chaque prise de parole, comme lors d’autres mobilisations internationales que j’ai couvertes ces dernières années.
Selon Ouest-France, les organisateurs souhaitaient dénoncer la répression sanglante en cours en Iran et rappeler que la contestation dépasse désormais les seules revendications économiques. Selon la FSU 44, l’appel s’adressait à l’ensemble des citoyens attachés aux libertés fondamentales.
Les slogans, écrits en français, en anglais et en farsi, donnaient le ton : « Libérez l’Iran », « Si tu es réduit au silence, je serai ta voix ». Le cri « Femme, Vie, Liberté », hérité du mouvement né après la mort de Mahsa Amini, revenait régulièrement, repris par l’ensemble de la foule.
« Quand l’Iran est coupé du monde, c’est à nous de faire circuler les voix », confiait une manifestante, la voix tremblante.
Une convergence associative et syndicale visible
Le rassemblement bénéficiait d’un large soutien local. Syndicats, associations et collectifs militants étaient présents, illustrant une mobilisation transversale rare pour une cause internationale.
Dans la foule, on retrouvait notamment :
- CGT, FSU et Solidaires
- Amnesty International et la Ligue des droits de l’Homme
- Des collectifs féministes et antiracistes locaux
Selon Actu44, cette diversité confirme que la mobilisation dépasse la seule communauté iranienne. Selon Amnesty International, la situation en Iran relève aujourd’hui d’une urgence humanitaire majeure.
Des divisions internes sur l’avenir politique de l’Iran
Si la dénonciation de la répression faisait consensus, des tensions sont apparues en marge du rassemblement. Deux visions de l’avenir iranien se sont opposées verbalement.
D’un côté, les organisateurs défendaient une transition démocratique sans référence monarchique. De l’autre, un petit groupe exprimait son soutien à Reza Pahlavi, fils du dernier chah. J’ai déjà observé ce type de fracture lors d’autres rassemblements diasporiques : l’unité contre l’oppression n’efface pas les désaccords politiques profonds.
Selon RFI, ces divisions traversent l’ensemble de la diaspora iranienne en Europe. Selon Ouest-France, elles illustrent la difficulté à construire une alternative commune au régime des mollahs.
Un contexte iranien marqué par une répression massive
La mobilisation nantaise intervient alors que l’Iran connaît un soulèvement national déclenché fin décembre 2025. La chute brutale du rial, l’inflation galopante et les pénuries ont rapidement nourri une contestation politique ouverte.
Selon Le Monde, la coupure quasi totale d’Internet décidée début janvier vise à isoler la population. Selon NetBlocks, seuls des flux résiduels restent accessibles aux structures étatiques.
Un bilan humain encore incertain
Les chiffres varient, mais les ordres de grandeur donnent le vertige. ONG et médias internationaux évoquent plusieurs milliers de morts et des arrestations massives. Les images de morgues saturées, relayées avant la coupure d’Internet, ont marqué durablement l’opinion publique.
| Source | Estimation des morts | Date |
|---|---|---|
| Iran Human Rights | ≈ 3 400 | 14 janvier 2026 |
| HRANA | ≈ 2 700 | 15 janvier 2026 |
| Amnesty International | ≥ 2 000 | 15 janvier 2026 |
Une mobilisation locale inscrite dans un mouvement national
Le rassemblement de Nantes faisait écho aux manifestations organisées le même jour à Paris, Lyon, Rennes ou Grenoble. À Paris, plusieurs milliers de personnes ont défilé, soutenues par une intersyndicale rare par son ampleur.
Selon la LDH, cette coordination nationale vise à maintenir la pression diplomatique. Selon La Croix, la diaspora joue aujourd’hui un rôle clé pour contourner la censure iranienne et alerter l’opinion internationale.
Un symbole fort malgré un nombre limité
À Nantes, le chiffre de 300 manifestants peut sembler modeste. Pourtant, sur le terrain, la portée symbolique est réelle. Dans mes reportages locaux, j’ai souvent constaté que ces mobilisations servent de relais médiatique et politique, bien au-delà de leur taille.