Depuis décembre 2023, le quartier prioritaire du Clos Toreau, au sud de Nantes, vit sans médecin généraliste. Malgré l’annonce d’un futur centre de santé attendu en 2026, la réalité reste la même pour les habitants : l’accès aux soins de proximité demeure inexistant.
Une situation qui s’enlise et nourrit colère, fatigue et inquiétude.
À retenir
- Le Clos Toreau est sans médecin depuis plus de deux ans
- 113 habitants n’ont plus de médecin traitant, dont des patients en ALD
- Un centre de santé promis pour 2026, mais déjà confronté à des retards
Un désert médical durable dans le quartier du Clos Toreau
Le point de rupture est clair. En décembre 2023, le dernier médecin généraliste du Clos Toreau part à la retraite après 34 ans d’exercice. Aucun successeur n’est trouvé. Depuis, le quartier ne dispose plus d’aucune offre médicale locale.
Selon Ouest-France, cette situation s’inscrit dans un contexte déjà défavorable. Les quartiers prioritaires de Nantes Sud comptent deux fois moins de médecins que les autres secteurs de la métropole. Le Clos Toreau en devient l’illustration la plus frappante.
Des habitants sans médecin face à des besoins de santé urgents
L’absence de soins de proximité pèse lourdement sur la population. Aujourd’hui, 113 habitants du quartier sont sans médecin traitant, dont 14 atteints de maladies de longue durée nécessitant un suivi régulier.
Selon TéléNantes, certains habitants doivent parcourir plusieurs kilomètres pour consulter, quand ils y parviennent. D’autres renoncent tout simplement aux soins. Cette situation touche en priorité les personnes âgées, les familles modestes et les patients chroniques.
Pour tenter de limiter la casse, un collectif d’habitants s’est organisé. Des bénévoles contactent chaque semaine les cabinets médicaux de Nantes afin de trouver des créneaux pour les résidents du quartier. Mais la marge de manœuvre est faible : sur une cinquantaine de médecins sollicités, seuls deux acceptent encore quelques nouveaux patients, de façon très ponctuelle.
Des initiatives solidaires insuffisantes pour combler le manque
Depuis septembre 2024, un médiateur en santé intervient également auprès des habitants les plus fragiles. Son rôle est d’orienter, d’accompagner et de faciliter l’accès aux soins existants. Une présence jugée utile, mais loin de répondre à l’ampleur des besoins.
Selon les acteurs associatifs locaux, la solidarité ne peut pas remplacer une offre médicale structurée. Les permanences bénévoles permettent d’éviter certaines situations d’urgence, mais elles ne constituent pas une solution pérenne.
Centre de santé au Clos Toreau en 2026 : un projet encore fragile
En décembre 2024, l’annonce d’un futur centre de santé redonne un peu d’espoir. Le projet prévoit une installation rue d’Ascain, dans des locaux de plus de 130 m² appartenant à Nantes Métropole Habitat. L’équipe envisagée comprendrait trois médecins généralistes à temps partiel, un infirmier et un psychologue.
Selon les documents de l’ARS et de l’Assurance maladie, le projet est porté par un acteur associatif et bénéficie d’un accompagnement institutionnel. Sur le papier, le dispositif semble adapté aux besoins du quartier.
Des retards qui alimentent la défiance des habitants
Mais sur le terrain, le calendrier inquiète. Les travaux d’aménagement ne sont pas finalisés. Certains espaces essentiels, comme des bureaux ou une cuisine partagée, restent à définir. L’ouverture initialement envisagée pour 2026 apparaît de plus en plus incertaine.
Pour de nombreux habitants, cette attente prolongée est difficilement acceptable. Deux années sans médecin ont déjà laissé des traces. En attendre une troisième renforce le sentiment d’abandon ressenti dans ce quartier prioritaire.
Un enjeu de santé publique qui dépasse le Clos Toreau
Au-delà du seul quartier, la situation du Clos Toreau pose une question plus large. Comment garantir l’égalité d’accès aux soins dans les zones urbaines populaires ? À Nantes comme ailleurs, la pénurie de médecins révèle les limites des politiques actuelles.
Les habitants, eux, restent mobilisés. Ils espèrent que le dossier ne retombera pas au bas de la pile et que les promesses de 2026 se traduiront enfin en réalité concrète.