À Nantes, des riverains de la Croix-Bonneau s’opposent à un projet de logements sociaux R+5

By Erwan Steroz

À l’ouest de Nantes, le quartier Croix-Bonneau est secoué par une contestation citoyenne très récente. Depuis décembre 2025, des riverains se mobilisent contre un projet de logements sociaux autorisé par la mairie.

En cause : un immeuble culminant à R+5, jugé trop élevé et trop dense pour ce secteur résidentiel.

À retenir :

  • Un projet de logements sociaux R+5 validé par la mairie de Nantes
  • Un collectif de riverains mobilisé dans le quartier Croix-Bonneau
  • Un débat local sur la densification et le cadre de vie

Un projet de logements sociaux R+5 contesté à la Croix-Bonneau

Le programme immobilier se situe au 10, rue du Corps-de-Garde, dans le quartier Croix-Bonneau. Porté par le promoteur Bati-Nantes, il prévoit la construction d’un ensemble de grande ampleur sur une parcelle de 5 400 m², après la démolition d’un bâtiment existant.

Le projet comprend 56 logements destinés au parc classique et une résidence sociale de 70 studios d’insertion. Le bâtiment principal atteindrait une hauteur de R+5, un gabarit considéré comme excessif par les habitants du voisinage.

Selon les informations communiquées par la Ville de Nantes, le permis de construire a été accordé le 22 octobre 2025, déclenchant une mobilisation immédiate des riverains.

Des riverains de Nantes mobilisés contre la hauteur du bâtiment

Pour faire entendre leur opposition, une vingtaine d’habitants ont créé le collectif « Convention ». Leur principal grief concerne la hauteur de l’immeuble, jugée incompatible avec le tissu pavillonnaire environnant.

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Lors de précédents dossiers suivis à Nantes, notamment dans les quartiers Zola ou Chantenay, j’ai constaté que ce type de mobilisation naît souvent d’un sentiment de rupture paysagère. À la Croix-Bonneau, les riverains redoutent une perte d’ensoleillement, des vis-à-vis accrus et une densification qu’ils estiment brutale.

Selon plusieurs témoignages, la question du logement social n’est pas rejetée en tant que telle, mais c’est l’ampleur du projet qui cristallise les tensions.

Logements sociaux à Nantes et objectifs de densification urbaine

Ce conflit local s’inscrit dans une stratégie métropolitaine plus large. Nantes Métropole cherche à atteindre le seuil légal de 25 % de logements sociaux, tout en limitant l’étalement urbain par une densification des quartiers existants.

Selon les données publiques de la métropole, plusieurs centaines de logements ont été validées ces derniers mois pour répondre à la crise du logement. Toutefois, sur le terrain, cette politique se heurte régulièrement à l’opposition de riverains qui dénoncent un manque de concertation en amont.

Un conflit emblématique entre cadre de vie et logements sociaux

L’affaire de la Croix-Bonneau met en lumière un dilemme persistant à Nantes : comment produire rapidement des logements sociaux tout en préservant le cadre de vie des quartiers pavillonnaires ? Le collectif de riverains espère encore une évolution du projet, notamment sur la hauteur du bâti.

Dans des situations comparables observées ces dernières années, certains projets ont été amendés après mobilisation citoyenne, souvent au terme de longues procédures. Une fois le permis délivré, les recours restent possibles mais incertains.

Le dialogue reste pour l’instant tendu entre les habitants mobilisés et les porteurs du projet, sur fond d’urgence sociale et de pression foncière.

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