Le Dakar 2026 a sans doute basculé pour Adrien Van Beveren. Favori annoncé, double podium sortant, le Français a vu ses rêves s’effondrer lors d’une cinquième étape cruelle.
En quelques kilomètres, une édition promise à la consécration a pris des allures de désillusion profonde.
A retenir :
- Une étape 5 cauchemardesque entre Refuge et Hail
- Plus de trente minutes perdues sur incident mécanique
- Le général désormais hors de portée pour la victoire
- Un pilote meurtri mais toujours debout
Une étape 5 qui fait tout basculer
Je couvre le Dakar depuis assez longtemps pour savoir que certaines images restent. Celle de Van Beveren, arrêté au bord de la piste, luttant contre des fils de fer enroulés autour de sa roue arrière, en fait partie. Selon les chronos officiels, l’incident survient dès le kilomètre 88 de la spéciale.
La moto est bloquée. Le pilote s’arrête. Il repart. Il s’arrête encore. À chaque tentative, le temps s’envole. Environ 32 minutes perdues, sans chute, sans erreur de pilotage. Juste un piège du désert, absurde et implacable.
« Ça a complètement bloqué la roue. On n’est pas équipé comme à l’atelier. »
Cette phrase, lâchée à l’arrivée, résume la brutalité du rallye-raid.
Des larmes à l’arrivée, le poids de l’effort
Au bivouac, l’émotion déborde. Ce n’est pas de la colère. C’est autre chose. J’ai déjà vu des pilotes casser du matériel, d’autres hausser les épaules. Là, il y a des larmes. Celles d’un homme qui sait ce qu’il a investi.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, Van Beveren prend quelques secondes avant de répondre. Il parle de santé, de lucidité, de continuer malgré tout. Le rêve s’éloigne, reconnaît-il, sans chercher d’excuse.
« Le Dakar n’est pas terminé, mais ça fait mal. »
Un Dakar 2026 déjà semé d’embûches
Cette étape n’est pas un accident isolé. Depuis le départ, le Français avance sur un fil. Chute dès la première étape. Erreur de navigation sur la troisième. Retard accumulé, pression constante.
Selon les données du rallye, il comptait déjà près de 27 minutes de retard après l’étape 4. L’étape 5 n’a fait qu’enfoncer le clou. Septième du général, à plus de cinquante minutes du leader, la réalité est brutale.
Un favori rattrapé par la dure loi du Dakar
Avant le départ, le discours était clair. Préparation optimisée. Expérience accumulée. Moto compétitive. Tout semblait aligné. Van Beveren n’arrivait pas en outsider, mais en candidat crédible à la victoire finale.
Selon les observateurs du paddock, son niveau n’a pas baissé. La concurrence est extrême. Les risques sont maximaux. Et parfois, le Dakar choisit autrement.
Le classement se resserre devant
Pendant que Van Beveren sombre, la course continue devant. Daniel Sanders reprend la tête du général. Luciano Benavides s’impose sur l’étape et grimpe sur le podium provisoire.
Le scénario est cruel mais classique. En rallye-raid, la régularité paie autant que la vitesse. Et chaque minute perdue pèse comme une enclume.
Continuer, malgré tout
Il reste des étapes. Il reste du sable. Il reste l’orgueil du compétiteur. Van Beveren le dit lui-même : il continuera à se battre. Pour l’honneur. Pour l’équipe. Pour ne pas renier ce qu’il est.
J’ai souvent constaté que ces moments-là forgent autant une carrière qu’une victoire. Le Dakar n’oublie rien. Les pilotes non plus.