La première grande émotion du Rallye Dakar 2026 est venue très tôt. Dimanche 4 janvier, autour de Yanbu, Mathieu Baumel et Guillaume de Mevius ont remporté l’étape 1 en auto.
Une victoire sportive, mais surtout humaine, onze mois après l’accident qui a coûté une jambe au copilote français.
A retenir :
- Une victoire d’étape dès le premier jour pour Baumel et De Mevius
- Un retour exceptionnel onze mois après un grave accident
- Un succès symbolique qui dépasse le simple résultat sportif
Une victoire qui dépasse le chrono
Dès l’arrivée, le temps passe presque au second plan. Sur les 305 kilomètres chronométrés autour de Yanbu, le duo Mini X-Raid s’impose en 3h07’49’’. Ils devancent Nasser Al-Attiyah et Fabian Lurquin, pourtant favoris naturels.
Selon les premiers retours du paddock, personne n’imaginait un tel scénario dès l’étape inaugurale.
J’ai couvert plusieurs Dakars, mais rarement vu un silence aussi respectueux à l’arrivée. L’émotion était palpable, bien au-delà des chronos affichés.
« Être au départ était déjà une victoire personnelle », a confié Mathieu Baumel après l’arrivée.
Onze mois après l’accident, un retour hors normes
Le 29 janvier 2025, la carrière de Mathieu Baumel semblait brutalement s’arrêter. Percuté lors du rallye Monte-Carlo historique, le quadruple vainqueur du Dakar a dû être amputé de la jambe droite.
Selon les médecins, une rééducation d’un à deux ans était nécessaire. Baumel, lui, s’est fixé dix mois.
Son retour ne s’est pas construit sur des discours, mais sur des semaines de rééducation intensive. Centre spécialisé, travail quotidien, adaptation à la prothèse. Chaque détail a compté.
Selon ses proches, son mental de compétiteur a fait la différence plus que la technologie.
« Avec la force d’esprit et les bonnes personnes autour, tout devient possible. »
Un duo soudé par l’épreuve
Guillaume de Mevius n’a jamais lâché son copilote. Le Belge, révélation du Dakar 2024, a maintenu sa confiance malgré l’incertitude. Ensemble, ils avaient déjà connu une victoire d’étape auparavant, mais jamais dans un tel contexte.
Selon les membres de l’équipe X-Raid, leur relation a changé après l’accident. Plus directe, plus humaine, presque fraternelle.
J’ai vu ce type de lien sur d’autres rallyes majeurs : quand l’adversité frappe, seuls les duos solides survivent.
Une étape 1 gagnée contre la logique stratégique
Gagner l’étape 1 du Dakar n’est pas toujours une bénédiction. Ouvrir la piste le lendemain est souvent synonyme de galère. Baumel le savait. De Mevius aussi.
Selon le règlement, ils ont dû ouvrir l’étape 2, sur un terrain très piégeux entre Yanbu et Alula.
Ce choix assumé contraste avec d’autres favoris, comme Sébastien Loeb, qui ont volontairement géré leur rythme.
La victoire était émotionnelle, pas calculée. Et c’est sans doute ce qui la rend aussi forte.
Un palmarès déjà immense, une ligne en plus
Avec ce succès, Mathieu Baumel ajoute une victoire d’étape à un palmarès déjà exceptionnel. Quatre Dakar remportés comme copilote, plusieurs titres mondiaux, et désormais un retour victorieux après un handicap majeur.
Selon plusieurs observateurs du rallye-raid, cette performance pourrait marquer durablement la discipline. Elle change le regard porté sur le handicap dans le sport automobile.
Quand le Dakar raconte autre chose que du sport
Cette victoire n’est pas qu’une ligne dans un classement. Elle raconte la résilience, la reconstruction, et la capacité à revenir là où tout semblait fini.
Sur le Dakar, j’ai vu des exploits mécaniques, stratégiques, humains. Celui-ci restera à part.
Selon de nombreux concurrents, l’image de Baumel descendant de la Mini à Yanbu restera l’un des symboles forts de l’édition 2026.